Chaque été, dans les foyers tunisiens, une activité
Chaque été, dans les foyers tunisiens, une activité bien particulière s’invite dans les ruelles, les balcons et les toits : la préparation du poivre rouge ou “felfel ahmar”, une épice indispensable de la cuisine locale. Ce rituel, appelé “aoula”, incarne bien plus qu’une simple tâche ménagère. C’est un héritage culinaire, un moment de transmission et un symbole de prévoyance familiale.
1. Une tradition bien ancrée
De juillet à septembre, les marchés s’animent de montagnes de piments rouges, vendus par sacs entiers. Les familles achètent ces piments en grande quantité pour les transformer en poivre rouge moulu, aussi appelé “felfel”, qu’elles utiliseront tout au long de l’année. Ce poivre n’est pas une simple épice : il est la base de nombreux plats traditionnels tunisiens comme la mloukhia, le couscous, la sauce tomate piquante, la chakchouka ou encore l’incontournable ojja.
2. Un processus ancestral
Le rituel de l’aoula commence par le tri
Le rituel de l’aoula commence par le tri et le nettoyage minutieux des piments. Ensuite, ils sont exposés au soleil pendant plusieurs jours, parfois coupés et épépinés selon les habitudes régionales ou familiales. Le séchage au soleil est une étape cruciale : il concentre les arômes et permet une conservation naturelle.
Une fois secs, les piments sont envoyés au moulin, ou moulus à la maison pour les plus puristes. On en fait une poudre fine et rouge vif, ou bien une pâte épaisse appelée harissa, selon les usages. Certaines familles y ajoutent de l’ail, du carvi ou du sel pour en accentuer les saveurs.
